Cette histoire fait partie de la campagne GenOcean - une campagne officielle de la Décennie de l'Océan qui présente les Actions de la Décennie, les organisations collaboratrices et les leaders de l'océan qui se concentrent sur les jeunes et les opportunités de science citoyenne pour aider n'importe qui, n'importe où, à être le changement dont l'océan a besoin.
Nous avons rencontré Volita Yego, du responsable du nœud canadien de l'ECOP dont le parcours atypique, qui l'a menée du droit des sociétés à la défense des océans, reflète le paysage en pleine expansion et de plus en plus diversifié des professionnels de la mer en début de carrière (ECOP). Grâce à la création de communautés, à la collaboration mondiale et à un espoir inébranlable, Volita contribue à former la prochaine génération de leaders dans le domaine des océans alors que nous entrons dans la seconde moitié de la Décennie de l'Océan.
Vous travaillez en étroite collaboration avec des professionnels de l'océan en début de carrière. Comment définissez-vous un ECOP, et pourquoi cette définition est-elle importante ?
Volita :
Un ECOP est toute personne qui travaille depuis moins de dix ans dans le secteur de l'océan ou de l'eau — toutes les eau, qu'il s'agisse d'eau salée, d'eau douce ou même d'eaux usées. Tout est lié à l'océan.
Il est important de noter que le « travail » ne doit pas nécessairement être rémunéré. Vous pouvez être bénévole, défenseur, organisateur de nettoyages communautaires ou quelqu'un dont le travail n'a qu'un lien indirect avec l'océan. La durée pendant laquelle vous avez occupé ce poste n'a pas non plus d'importance. Ce que nous essayons de saisir, c'est l'étendue des expériences vécues qui façonnent notre communauté océanique.
Si nous voulons une véritable diversité – en termes de culture, d'identité, de géographie, de compétences et d'origine –, nous devons élargir notre vision de ce qu'est un début de carrière et reconnaître tous les parcours non linéaires qui mènent les gens à s'engager dans la protection des océans.

Votre parcours n'était pas traditionnel. Comment avez-vous fini par travailler dans le secteur océanique ?
Volita :
J'ai une formation en droit. Je travaillais dans le monde de l'entreprise, qui est souvent à l'origine des défis que nous essayons de relever à travers la Décennie de l'Océan. Au fil du temps, j'ai réalisé que je voulais que mon travail contribue à quelque chose d'important. Je suis retournée à l'université pour obtenir un master en droits de l'homme, sachant seulement que je voulais faire partie de la solution, mais sans savoir encore à quoi cette solution ressemblerait.
Mon entrée dans le secteur océanique a été presque accidentelle. Un ami m'a fait découvrir le bénévolat communautaire, ce qui m'a permis de trouver ma voie dans une organisation axée sur l'océan. J'ai commencé à travailler dans le domaine de l'autonomisation des jeunes, en aidant les jeunes à gérer leur anxiété écologique et à trouver de véritables voies d'accès au travail environnemental.
À partir de là, je me suis concentrée sur les ECOP. À bien des égards, j'utilise les mêmes compétences de base (défense des droits, écoute, amplification des voix), mais désormais dans le but de garantir aux ECOP une place à la table des négociations. Le parcours a été merveilleusement non linéaire, mais une fois que j'ai trouvé ce qui comptait pour moi, tout s'est mis en place.
En quoi consiste votre rôle quotidien en tant que responsable du nœud ECOP Canada ?
Volita :
C'est un seul titre, mais plusieurs fonctions. Je suis coordinatrice, communicatrice, créatrice de communauté, développeuse de partenariats, défenseure et parfois animatrice d'événements, modératrice de panels ou facilitatrice.
Ma journée peut inclure l'organisation d'un événement, des rencontres avec des collaborateurs ou partenaires potentiels, l'animation d'une table ronde sur l'inclusion ou les barrières géographiques, la tenue d'un stand de sensibilisation ou la conception d'opportunités pour les ECOP à travers le Canada.
Le programme ECOP n'a démarré qu'en 2021, nous sommes donc encore en train de renforcer sa légitimité, sa cohérence et son financement. Cela signifie que nous expérimentons, apprenons, ajustons et réessayons. Aucun jour ne se ressemble, et c'est ce qui rend ce projet passionnant.

Quelles sont vos principales priorités pour le nœud canadien de l'ECOP à l'heure actuelle ?
Volita :
Nous nous concentrons sur quatre grands domaines :
1. Financement et accessibilité
Le financement est toujours le plus grand défi. Cette année, nous avons lancé notre programme des ambassadeurs ECOP, qui soutient une vingtaine d'ECOP à travers le Canada, y compris dans les régions nordiques où les opportunités sont limitées. Cela nous a aidés à attirer des personnes sous-représentées, en phase de transition ou sans résidence permanente.
2. Collaboration mondiale
Les problèmes liés à l'océan ne sont pas isolés, notre réponse ne devrait donc pas l'être non plus. Nous mettons en place des collaborations entre ECOP à l'échelle internationale , en reliant les nœuds, en partageant les solutions et en supprimant les barrières.
3. Combler les lacunes au Canada
Les ECOP canadiens citent systématiquement quatre défis : le manque de financement, d'opportunités, de formation et de communauté. Nous abordons chacun d'entre eux de manière systématique.
4. Construire une communauté qui perdure au-delà de 2030
Les canaux Slack sont très utiles, mais une véritable communauté a besoin de liens personnels. Nous voulons un réseau suffisamment solide pour survivre à la Décennie de l'Océan lieu où les ECOP savent où aller pour trouver du mentorat, de la collaboration ou du soutien, même après la fin officielle du programme des Nations Unies.
La Décennie de l'Océan en 2030, comment ce calendrier influence-t-il votre travail ?
Volita :
Nous avons encore cinq ans pour construire quelque chose qui dure. Ce n'est pas beaucoup. Prenons l'exemple d'un étudiant qui commence aujourd'hui ses études supérieures. Au moment où il obtiendra son diplôme, la Décennie touchera à sa fin. Nous devons nous assurer qu'il ne se retrouve pas sans ressources pour l'aider à s'impliquer dans le secteur océanique.
Les ECOP sont des personnes qui perpétuent l'héritage. Ils deviendront les professionnels de niveau intermédiaire et supérieur de demain. Le flambeau doit être transmis dès maintenant, et le programme ECOP joue un rôle essentiel dans la création de parcours et de réseaux qui survivront au-delà de 2030.
Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans votre transition du travail auprès des jeunes au travail auprès des ECOP ?
Volita :
Constatant à quel point la perspective évolue avec l'expérience. Les jeunes ont tendance à faire preuve d'un optimisme sans limites. Les ECOP conservent cet optimisme, mais ils comprennent également l'ampleur des défis qui les attendent. Ils constatent à quel point il est difficile d'accéder aux opportunités, d'obtenir des financements, de se faire entendre dans les instances décisionnelles ou simplement de garder espoir face aux réalités climatiques.
On demande beaucoup aux professionnels en début de carrière, et l'épuisement professionnel survient rapidement. Cela peut ternir l'enthousiasme initial. Mais j'ai également constaté à quel point le programme ECOP permettait de raviver cet enthousiasme. Faire partie d'une communauté et être valorisé dans les espaces décisionnels peut faire toute la différence.
Et honnêtement, « l'espoir fait partie de la résistance ». Les ECOP incarnent cela. Ils ne sont pas là parce que c'est rentable, ils sont là parce qu'ils se soucient des autres.
Quels sont les projets ou les personnes les plus inspirants que vous ayez rencontrés grâce à ECOP Canada ?
Volita :
La diversité des parcours menant au secteur océanique est incroyable. Un ECOP ayant une formation en informatique a participé à un nettoyage du littoral, et cette seule expérience l'a inspiré à créer un hackathon pour le nettoyage des océans.
Parmi les autres grands chefs de file canadiens dans le domaine des projets océaniques, mentionnons :
Moronke Harris, qui combine ses recherches en haute mer avec la narration d'histoires grâce à son initiative The Imaginative Scientist, rendant accessible la science océanographique complexe et incitant le public à se soucier des écosystèmes des grands fonds marins ;

Jeanine Sinclair, fondatrice de Plastic Free BC, mène des actions communautaires de nettoyage des côtes, de science citoyenne sur les microplastiques et d'éducation du public, aidant ainsi les Britanno-Colombiens à prendre des mesures concrètes pour réduire la pollution plastique dans les eaux côtières.

Dev Katyal, qui a créé EcoPlastic, une application qui guide les utilisateurs vers un recyclage adéquat et récompense les comportements durables, montrant ainsi comment la technologie peut contribuer à rendre les océans plus propres grâce à des actions quotidiennes ; et
Lisa Chen, fondatrice fondatrice de Oceanic Impact et campagne Let's Talk Butts , lutte contre les déchets marins par le biais d'actions communautaires, de solutions d'économie circulaire et d'éducation. Ses initiatives visent à éliminer les déchets et à les prévenir à la source en sensibilisant le public et en proposant des solutions pratiques d'élimination, montrant ainsi comment de petits changements dans les comportements quotidiens peuvent réduire la pollution et protéger la vie marine.

J'ai vu des ECOP issus des sciences sociales, de l'ingénierie, des arts, de la santé et des affaires trouver leur place dans l'action océanique. L'innovation élargit le champ d'action, ouvre de nouvelles portes et incite davantage de personnes à participer au débat.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux lecteurs, en particulier aux professionnels en début de carrière ?
Volita :
Chaque petit geste compte.
Que vous preniez des photos, développiez des applications, nettoyiez les côtes, organisiez des webinaires ou plantiez des arbres avec vos amis, votre contribution est importante. Aucun d'entre nous ne peut relever ces défis seul. Nous construisons une mosaïque, et chaque pièce a son rôle à jouer.
Et surtout :
Ne vous excluez pas.
Votre parcours n'est peut-être pas linéaire, votre rôle peut vous sembler insignifiant, mais vous faites bouger les choses. Continuez. Gardez espoir. Continuez à vous investir. Nous avons besoin de vous.
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Pour en savoir plus sur le nœud canadien, consultez son site web. Si vous êtes un ECOP dans un autre pays, découvrez le programme complet et comment y adhérer ici.
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